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Le vol de l'aigle

 

La nuit est profonde à l’heure du départ. Les sourires s’affichent furtivement dans le faisceau des lampes frontales. L’ascension débute dans une atmosphère joyeuse, tant la perspective de faire autre chose est belle, tant cette idée d’aller voir le lever du soleil d’en haut semble être un contraire parfait au poids du quotidien.


Première étape, premier arrêt, et déjà la nuit nous échappe, le ciel s’embrase et joue ses arpèges de couleurs. Pourpre sombre, violet, rose, rouge, orange, puis le bleu s’installe à mesure que nous poursuivons l’ascension. La montée est raide mais chaque pas est une récompense. Les volumes s’écartent, la fraîcheur s’efface. 


Le sommet est si près, si loin. La dernière section y menant semble avoir été pensée pour nous. Un énorme amas de pierres partiellement recouvertes par la mousse nous offre le luxe de choisir, vraiment, le chemin qui nous mènera au bout. Les sentiers uniques sont derrière nous. Enthousiasme et liberté. Plus soudainement que prévu, les derniers mètres se présentent à nous. Quelques dernières poussées sur les jambes, quelques mains posées sur les roches devenues tièdes. 


Et la vue.


Une ligne de crête en forme d’invitation d’un côté, l’immensité de l’autre. En surplomb d’un cirque où semblent réunis les plus beaux agencements de la nature, nous apprécions le camaïeu de bleus qui dispose les montagnes en profondeur. Nous levons la tête. Un aigle survole la vallée, la montagne, nous. Nous n’irons pas plus haut. Ce qu’il voit lui appartient.

 

 


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